difficultés à recruter dans les start-ups

Les start-ups ont des difficultés à recruter dans un contexte qui semble pourtant favorable. En effet ces jeunes entreprises bénéficient d’une communication et d’un accès aux médias que nombre de PME et PMI n’ont jamais obtenus. La France se revendique “Start-up Nation” et les ressources financières progressent dans des proportions jamais vues. Cependant Hello Talent a identifié 4 facteurs bloquants importants.

Rejoindre une start-up se définie parfois comme un second choix

Les succès de quelques licornes ne font pas oublier que le taux de survie d’une start-up reste assez faible. Il y a celles qui meurent après 18 mois, c’est la durée des indemnités versés par Pôle Emploi aux cofondateurs en reconversion. Puis celles qui arrivent à accrocher un investisseur et qui montent tant qu’elles peuvent « brûler du cash » pour s’écraser à défaut de trouver un modèle économique rentable.

De nombreux étudiants en ont conscience et préfère se créer un CV attractif et rejoindre les GAFAM ou n’importe quels autres grands groupes.

Certes des changements de mentalités s’oppèrent, et notamment la gestion de l’échec. Mais ces jeunes talents, brillants aux parcours scolaires exemplaires rendant leurs parents si fiers … n’ont pas forcément planifié un échec dans le début de leur carrière. C’est à vous, start-up, de leur prouver qu’ils ont tort. En  entrant dans une petite structure, ils accèdent rapidement à des postes aux responsabilités plus larges. Une entreprise traditionnelle va les cloisonner dans une Business Unit d’un département d’une filiale avec une multitude de N+x.

Une pénurie de compétences disponibles sur le marché du travail

Avril 2018, il manquerait 80 000 personnes pour répondre aux demandes des Entreprises de Service du Numérique. Le pays ne forme pas assez de développeurs informatiques par exemple, et ce ne sont pas les seuls dont la pays manque. Toutes les fonctions liées de près ou de loin à la communication digitale, le webmarketing, la gestion de données, la sécurité etc … sont touchées. 

Paradoxalement, la formation n’a jamais été aussi facile d’accès. Les initiatives telles qu’ OpenClass Room, la multiplication des MOOC devraient combler au moins en partie cette pénurie.

Encore une fois la faute, sans doute, à l’obsession du CV et l’ajout d’un diplôme, ce que n’offre pas toujours la formation continue. C’est regrettable, les entrepreneurs recherchent des compétences pas des diplômes.

L’absence de marque employeur

Les start-ups doivent aller vite, il faut rapidement présenter aux utilisateurs un Minimum Value Product (une 1ère version du produit). Il faut rapidement pivoter pour capter son audience. Il faut rapidement lever pour accélérer son développement – First take all -. Et clairement, la définition et la communication autour d’une marque employeur n’est pas la priorité.

Quand viennent les besoins de recrutement, c’est un peu tard, on ne construit pas une réputation en deux semaines grâce à quelques slides pêchus.

Les candidats susceptibles d’être recrutés ne sont pas tous abonnés aux newsletters de la French Tech, de Maddyness ou encore de Presse Citron.

Hello Talent propose un article sur la marque employeur pour aider à prendre les bonnes mesures, le plus tôt possible.

Les coûts, les démarches administratives et la rigidité du code du travail

Biberonné dès l’enfance à l’idée incroyable que la santé, l’éducation et plus généralement l’ensemble des avantages de notre modèle social, sont gratuits, imaginez la surprise d’un chef d’entreprise qui reçoit un courrier de l’URSSAF pour la première fois. 

Il comprend alors qu’une grande partie de cet équilibre – souvent un peu déficitaire quand même – repose sur ses épaules.

Le coût du travail reste un facteur bloquant.

Les formalités de recrutement ont été largement optimisées mais la gestion du personnel et la multitude de tiers concernés épuisent une génération dont l’accès à l’information – merci Google – et l’achat en ligne – merci Amazon – se font en un clic.

Nul n’est censé ignorer la loi et donc aucun employeur n’est censé ignorer les 10 000 articles du code du travail. Là aussi les choses changent, peu à peu, trop lentement… Il reste aujourd’hui très compliqué de mettre un terme à une collaboration avec un salarié. Sans parler que ce dernier aura sûrement toutes ses chances de gagner lors d’une confrontation aux prud’hommes.

En conclusion, les start-ups auront des difficultés à recruter tant que les talents manquent. Notamment par faute de réussir à devenir attractives et s’armer de patience pour la gestion des RH. L’accès aux stagiaires, freelances restent une solution alternative sur du court terme.